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CANICULE : SANTE EN DANGER !
L’homme est un homéotherme : sa température centrale est stable (autour de 37°C) malgré les variations de la température extérieure. Il maintient cette stabilité grâce à un équilibre entre la thermogenèse (production de chaleur) et la thermolyse (perte de chaleur).
Avantage: son métabolisme stable lui permet de vivre en toutes circonstances.
Inconvénient: l’homéothermie est coûteuse en énergie métabolique et nécessite une alimentation abondante et riche.
Jusqu’à 23° de température extérieure et au repos, la régulation est quasi passive.
Quand la température extérieure s’élève au-dessus de 23°C, les veines se dilatent et le débit cardiaque augmente.
Au-delà de 26°C, le corps lutte contre le réchauffement et la sudation devient le seul mécanisme efficace. Les pertes peuvent être abondantes : jusqu’à 10 litres.
L’été 2003 est le plus chaud qu’ait connu la France depuis 53 ans. Une période caniculaire d’une intensité exceptionnelle est survenue durant la première quinzaine d’août. Des températures supérieures à 40°C ont même été observées dans 15% des stations météorologiques y compris pour la première fois en Bretagne.
La montée progressive des températures entre le premier et le 5 août est fortement marquée : + 12°C sur 6 jours pour la température maximale et + 7°C en 6 jours pour la température minimale, suivie d’une période de forte chaleur jusqu’au 13 août.
Les effets sanitaires :
L’exposition d’un individu à une température environnementale élevée peut entraîner des réactions plus ou moins graves de l’organisme. Au maximum, survient le coup de chaleur, urgence médicale rapidement mortelle en l’absence de traitement.
Par ailleurs, la chaleur peut aggraver une maladie déjà installée ou contribuer à la déclencher.
La vague de chaleur s’est accompagnée d’une pollution par l’ozone marquée, tant en durée qu’en intensité.
La température critique est définie à 7°C au-dessus de la température moyenne normale ; ce seuil a été dépassé dans quasiment toutes les villes du 04 au 13 août 2003.
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Résultats :
le 04 août, on comptait 400 décès ;
le 08 août, 3 900 décès cumulés ;
le 12 août, 10 600 décès cumulés ;
le 20 août, 14 800 décès cumulés.
La surmortalité a touché l’ensemble de la France même dans les départements où le nombre de jours de canicule était faible.
Canicule: maintien de fortes températures pendant plus de 48 heures et températures nocturnes élevées ne permettant pas le repos nocturne réparateur.
Coup de chaleur: la peau est chaude et sèche, la température corporelle s’élève à 40- 41°C ; il devient rapidement mortel.
Vague de chaleur: période pendant laquelle la température maximale dépasse les 30°C.
Epuisement par chaleur : céphalées, nausées, vomissements, malaises, vertiges. La peau est moite et froide. Le pronostic est le plus souvent favorable (risque de mortalité faible).
La mortalité indirecte :
- Les maladies cardiovasculaires seraient à l’origine de 26% des décès liés à la chaleur. Les causes de décès les plus fréquentes sont alors l’infarctus du myocarde et l’insuffisance cardiaque décompensée qui comptent pour 13 à 72% de la surmortalité lors des vagues de chaleur.
- Les accidents vasculaires cérébraux représenteraient 6 à 52 % de la surmortalité.
- La chaleur est susceptible de contribuer au décès de sujets porteurs d’autres types de pathologies.
La mortalité retardée :
L’impact d’une vague de chaleur a des effets immédiats mais peut aussi entraîner des effets plus ou moins retardés. Par exemple, pour la mortalité liée aux maladies respiratoires, l’effet le plus marqué est dans un délai de 7 à 14 jours après la vague de chaleur.
Les personnes âgées :
Les personnes âgées n’éprouvent la sensation de chaleur et ne ressentent le besoin de se protéger qu’à partir d’une élévation de 5°C de sa température cutanée contre 0.5°C chez l’adulte.
Le seuil de déclenchement de la sudation est également plus élevé avec diminution du volume de la sécrétion sudorale en ambiance chaude.
En outre, le besoin de boire est de moins en moins bien perçu avec l’âge, une déshydratation modérée n’entraînant peu ou pas de sensation de soif après 70 ou 75 ans.
La surmortalité observée à partir de 45 ans est importante et croissante avec l’âge :
- +20% chez les 45-54 ans
- +40% chez les 55-74 ans
- +70% chez les 75-94 ans
- +120% chez les 95 ans et plus
Les personnes âgées ont donc une difficulté plus importante à s’adapter aux élévations soudaines de températures. De la même manière, il leur faut plus de temps que la moyenne pour récupérer leur température de base.
| AGE | LOGEMENT INDIVIDUEL | HOPITAL | MAISONS DE RETRAITE |
| - de 60 ans | 15 % | 5 % | 1 % |
| 60 – 74 | 37 % | 24 % | 8 % |
| 75 – 84 | 74 % | 69 % | 29 % |
| + de 84 ans | 73 % | 97 % | 61 % |
Les enfants :
Lorsque le volume circulant est faible, ce qui est le cas chez les tout-petits, le volume consommé par la transpiration peut rapidement devenir excessif (10% du volume disponible en quelques heures).
Le nourrisson peut être incommodé par la chaleur, il l’exprimera alors par des pleurs et de la nervosité. Son appétit et son sommeil peuvent être, comme chez l’adulte, modifiés. Si l’exposition à la chaleur est maintenue, l’hyperthermie peut entraîner chez le nourrisson des insolations et des déshydratations.
La régulation thermique du nouveau-né est beaucoup moins efficace que celle de l’adulte et les pertes de chaleur se produisent plus facilement. Plus l’enfant est petit ou prématuré, plus le risque est grand.
L’hyperthermie est aussi dangereuse pour le nouveau-né que l’hypothermie.
L’environnement :
Constat est fait que les personnes décédées vivaient plutôt en appartement de petite taille, dans les étages supérieurs et dans des immeubles à toits plats.
- La proximité de la mer semble jouer un rôle protecteur : la présence de la mer favoriserait le refroidissement.
- La surmortalité due à la chaleur se concentre dans les grandes agglomérations : les activités humaines sont sources de chaleur, le grand nombre de constructions ralentit le vent, le manque de végétation réduit l’évapotranspiration.
| Les ventilateurs, climatiseurs et films de protection solaire sont des facteurs protecteurs. |